Je suis ce que l'on peut appeler une dépensière chronique. Je ne peux m'empêcher de lapider les moindres pièces qui se trouvent dans mon porte monnaie, juste histoire de voir s'afficher sur mon visage un énorme sourire. Il faut dire, avec une mère qui a un shoesing digne du red carpet et une centaine de sacs à son actif, ça n'aide pas. Pourtant, des fois je me dis qu'elle doit regretter les années où faire les magasins ne m'intéressaient pas, il fallait me trainer de force pour acheter une nouvelle paire de chaussures car j'étais trop attachée à ma paire de Vans en décomposition.
J'ai vécu pendant un peu moins de quatre ans, une énorme période de compulsion. Je n'avais rien à faire ? Alors pourquoi pas un petit saut en ville ? Il arrivait même que je cache à ma mère mes nouvelles acquisitions. Et lorsqu'elle tombait dessus après avoir vider la machine à laver, je lui racontais que ça faisait des mois que je l'avais ce petit haut ou cette robe. Une journée à Anvers (paradis du vêtement selon moi) était synonyme d'un bon claquage de fric. Le pire est qu'aucun de ces achats n'étaient vraiment réfléchis. Et si je ne portais un t-shirt qu'une fois, ça n'avait pas la moindre importance.
Il y a deux causes logiques à cette compulsion :
Lorsqu'on achète quelque chose de nouveau c'est pour se sentir bien, ne serait-ce qu'un moment. Oui, la compulsion est une histoire de sentiments, voilà tout. En achetant le t-shirt "x", je vais être heureuse. Voilà ce qui s'inscrit dans notre cerveau.
Pour ma part, je suis quelqu'un d'extrêmement timide à l'extérieur. Pourtant à l'intérieur de moi, on peut dire que je bouillonne. J'aime à penser que grâce à mon originalité vestimentaire (et mes tatouages), les gens viennent vers moi. D'abord pour me poser des questions puis ils voient que je suis sympathique et juste timide (non pas froide et hautaine comme on peut souvent le penser), et là le lien peut commencer à se tisser (je suis le genre de timide qui n'a besoin que de cinq minutes pour être à l'aise avec les autres. L'idée est juste de se déplacer jusqu'à moi).
Et pourtant, mon comportement a radicalement changé. En l'espace d'un mois, ce que me proposaient les magasins ne m'a plus intéressé. Je suis allée en ville, à deux shopping center à Bruxelles et Deurne, et je suis revenue les mains vides. VIDES. Généralement ça ne me dérange pas de revenir bredouille lorsque j'ai essayé des tonnes de vêtements. La compulsion a un peu disparu, j'essaie d'acheter ce qui me va. Donc si ça ne me va pas, je n'achète pas. Jusque là rien de plus normal. Mais le problème est qu'ici je n'ai rien essayé.
Récemment, je me suis mise à trier mes vêtements. J'ai même ouvert un
vide dressing avec plus de 250 articles. Et puis à force de lire des blogs qui conseillaient la lecture de
L'art de la simplicité de Dominique Loreau, je l'ai acheté.
(Une autre part de ma personnalité est que je suis extrêmement influençable, sur certains points de vue. La publicité, par exemple. Le télé-achat est une vraie torture pour moi. Et lorsqu'une pub pour un restaurant mexicain passe, j'ai une incroyable envie de nourriture mexicaine. La magie du subconscient!)
En à peine dix pages, je me suis pris une énorme claque en pleine face. Et j'ai commencé à trier mes chaussures. A jeter mes chaussures préférées dans un état plus que pitoyable, à me débarrasser de ces vingts ballerines qui n'avaient plus de forme et surtout les ballerines. Au fil de ma lecture, je me suis rendue compte que les ballerines ce n'est pas quelque chose que je mets souvent alors pourquoi avoir vingt paires différentes et pourtant presque identiques, de quelque chose qui ne nous plait pas ?
Dans son livre, Dominique Loreau nous conseille de faire une liste de ce que nous possédons objet, vêtement, le tout confondu. J'ai suivi son conseil et fait l'inventaire de tous mes vêtements, mes chaussures, mes sacs, mes accessoires... ensuite j'ai décidé de faire le tri. Mettre au surligneur rose ce qui m'était indispensable, au jaune les pièces que j'aimais d'amour même si elles ne sont pas indispensables, en bleu ce que je vais jeter à contre coeur mais qu'il faudra remplacer par quelque chose de meilleure qualité et en vert ce qui valse à la poubelle ou plutôt au "vide dressing". Des vêtements mis une à deux fois voire neufs. Parce qu'il faut pas se leurrer, oui c'est beau sur le mannequin dans les magazines ou sur la blogueuse de mode toute pimpante, mais sur moi non. Alors à quoi bon ?
Plusieurs choses sont intéressantes dans cette démarche.
J'ai pu établir une liste des pièces qu'il manquait réellement à mon dressing. Une paire de bottes hautes, un manteau d'hiver avec une capuche (oui oui avec capuche c'est toujours mieux en Belgique, c'est pourquoi je n'ai que des manteaux sans capuche!), une paire de ballerine noire classique style Repetto ou Anniel qui ne se déforme pas en l'espace d'une journée (oui, plus haut je disais que je ne porte pas de ballerines. Mais quand on fait 1m68, on laisse tomber les talons donc pour une tenue plus classique, on adopte le plat des ballerines), une belle marinière, un beau sac indémodable qui tiendra au moins jusqu'à mes quarante ans ! et des basics blancs, noirs et gris que l'on peut associer avec tout.
Le second point est que que dimanche je m'envole pour Santa Barbara. Je n'ai droit qu'à 23 (malheureux) kilos comme bagage. Alors ce tri m'a permis de voir ce dont j'aurai besoin réellement sur place. Même si malgré tout, il faudra refaire un tri (23kg de vêtements pour 3 mois, c'est un peu une grosse blague non?).
Et grâce au fait que je n'emporte que 23kg de ma garde robe, je pourrai voir ce qui m'a manqué. Mais également, ce que je n'ai pas porté et ce dont je peux me débarrasser. (Avec tout ce tas de vêtements, je prévois à mon retour, avec quelques copines, de faire un énorme vide dressing chez moi. Donc si vous êtes belge et si ça vous tente, n'hésitez pas à me laisser un petit mot et je tiendrais au courant!)
Ce n'est pas nous qui possédons les choses.
Ce sont elles qui nous possèdent.